Les Halles 1924

Brasserie à Reims

Histoire de notre brasserie

La ville de Reims est dans un triste état. De 120.000 habitants en 1914 seul 25.000 se réinstalleront en 1919. 100.000 obus sont tombés depuis le 4/09/1914, la ville est détruite à 80%.La reconstruction est envisagée à Paris pendant le cours de la guerre et débute, sur le terrain, dès la fin des hostilités. L’année 1919 est essentiellement une année de déblaiement, de construction de baraquements. Des observateurs de l’époque ont rapporté que Reims ressemblait à une ville de chercheur d’or ! 6.500 permis de construire seront délivrés entre janvier 1920 et décembre 1930. 325 agences d’architectes travailleront à cette reconstruction.

Avec ses dommages de guerre Mme Vve Tirmant va reconstruire son immeuble 48 rue de Mars, 27 rue du Temple bordant la place du Boulingrin. Les plans du Major Georges.B.Ford pour la reconstruction de la ville prévoient d’ériger sur la place du Boulingrin, bordant ses terrains, les futures halles centrales de la ville. Mme Tirmant réservera donc son rez-de-chaussée à l’exploitation d’une brasserie afin de sustenter les futurs commerçants et clients des toutes nouvelles halles du Boulingrin dont la réalisation a été confiée, après concours, à l’architecte Emile Maigrot et à l’ingénieur Eugène Freyssinet. Elle confie la construction de son immeuble à l’architecte L Louvet. Les plans de l’époque porte déjà l’enseigne «LE BOULINGRIN».

1925, afin de donner vie au rez-de-chaussée de son immeuble Mme Tirmant confie donc à Elie Leleu l’exploitation du local commercial. Elie Leleu ouvre son établissement sans attendre. Elie Leleu veut appeler sa brasserie » La Brasserie des Halles ». Malheureusement il existe non loin de là un « Bar des Halles » (actuellement la brasserie l’Affaire ». Qu’importe, ce sera donc « Chez Leleu-Brasserie du Boulingrin » liant définitivement la destinée de la brasserie voulue par Mme Tirmant avec la place et le quartier du Boulingrin. Au Boulingrin, à l’époque, nous sommes loin d’une brasserie Art Déco parisienne comme le Dôme ou la Coupole. Les moyens sont limités et la décoration est utilitaire.

Cependant, afin de rappeler ses origines (Boulogne/S/Mer), Elie Leleu demande au peintre parisien André David (habituellement plus porté sur les peintures ornant les maisons de tolérance !!) de peindre sur le mur de sa brasserie une fresque monumentale.

A gauche une scène de vente de poisson au retour de la pêche pour rappeler ses origines boulonnaises. Au centre une scène de vendange pour marquer son attachement à la terre de champagne qui l’a accueilli. A droite le manège, installé à demeure sur la place du Boulingrin, pour marquer l’ancrage définitif de cette brasserie dans le quartier. La partie droite disparaîtra dans les années 1960 lors de travaux d’agrandissement de la brasserie. Les parties centrale et gauche ne survivront pas, en ces lieux, au départ du dernier locataire. Les halles n’ouvriront en fait qu’en 1929.

Elie Leleu va même momentanément fermer son restaurant en attendant la fin de la construction. Au Boulingrin c’est un café-brasserie, ou l’on peut apporter son « manger »… Pour les forts des halles, le peuple des acheteurs et des vendeurs qui commencent leur journée très tôt … Peu de repos au Boulingrin … Elie Leleu ouvre même une baraque à frites, comme dans le nord, donnant directement sur l’extérieur. Tout d’abord on se contente de réchauffer les plats apportés, puis ce sera un menu avec un plat du jour avec Marguerite aux fourneaux. Puis la cuisine s’étoffe avec l’embauche d’un chef .. André Jacobé qui régnera sur la cuisine de 1963 à 2008. Ce seront le pavé au poivre, l’escalope crème champignons, les escargots, l’os à moelle… Chacun y trouvera sa madeleine de Proust.

Vite la brasserie d’Elie Leleu devient le rendez-vous incontournable, des commerçants de gros et de leurs clients, et plus généralement de tous les acteurs économiques de Reims. Pas une affaire dans le monde du champagne qui ne se traite autour d’une assiette au Boulingrin. On va au Boulingrin entre hommes le matin et le midi et le soir en famille. Des générations d’étudiants finiront aussi, entre ses murs, des soirées souvent très arrosées.

1952 la famille Leleu achète les murs de sa brasserie à Mme Tirmant afin de pérenniser l’existence de son établissement. Avec cet achat, elle récupère l’autre partie des locaux du rez-de-chaussée rue du Temple et agrandit sa brasserie. Les générations de Leleu se succèdent dans ses murs, Elie, René, leurs épouses, entourés des enfants et petits enfants. On y travaille en famille, toutes générations confondues. En fait, trois générations de Leleu feront la renommée de cet établissement.

En 1979 René souhaite prendre sa retraite, aucune solution n’ayant pu être trouvée en famille, René cède donc son affaire devenue la SA LELEU, à un M Alia… . L’histoire de la dynastie Leleu s’arrête donc là, toute revendication d’héritage ou d’hérédité avec les fondateurs aussi.

Pour peu de temps. M Alia fait de mauvaises affaires et en 1987 il dépose le bilan. Le fait est que les halles sont fermées depuis 1984 et que le quartier sombre dans le délaissement.

Mars 1989 le tribunal de commerce de Reims choisi de céder l’actif matériel mobilier et immobilier de la SA LELEU à l’actuel propriétaire. L’actif mobilier et immobilier cela veut dire: un immeuble vétuste, du matériel de cuisine obsolète, des frigos pleins de nourriture avariée……..une décoration très seventies..….et un raton laveur! A l’époque, Michel GUYOMARD confie l’exploitation de la brasserie à la sarl le boulingrin qui va prospérer pendant 24 ans sous la direction de son gérant Bernard Victor-Pujebet. Nouvelle vie, nouvelle enseigne. L’enseigne de la brasserie devient « Le Boulingrin » rappelant celle initialement envisagée par Mme Tirmant dès 1924.

Quel plaisir d’entendre les rémois ayant retrouvé leur « Boulingrin » dirent c’est merveilleux, vous n’avez rien changé !…Personne ne les détrompera jamais mais rien de la brasserie de 1989 ne date de l’époque d’Elie Leleu hormis peut-être quelques tables et les cadres des banquettes… Les années 1960 avaient vu la destruction du mobilier d’origine (le bar avec son zinc en particulier remplacé par du carrelage et du formica) et les colonnes, peintes à l’origine en vermillon, avaient été, elles aussi, recouvertes de formica… kaki ! Les travaux effectués en 1989 ont eu comme but de remettre la brasserie dans un état qu’elle n’avait en fait jamais connu.

Pour exemple la façade du rez-de-chaussée gagne en harmonie et est « enfin » réalisée suivant les plans d’origine de L Louvet, conservés à la bibliothèque Carnegie comme d’ailleurs tous les plans de la reconstruction de Reims. Qu’importe le mobilier, l’esprit de l’immédiate après guerre est bien là, le succès aussi. Février 2013 Bernard Victor-Pujebet laisse les locaux vacants. Que vont donc devenir les locaux 48 rue de Mars, 27 rue du Temple si chers aux Rémois? Sacrilège, la rumeur parle d’un restaurant de couscous, d’un « kebab », d’une chaine nationale de brasseries voir d’un fast-food ? Afin de préserver l’authenticité des lieux et constituer un pole de résistance à la cuisine industrielle Michel Guyomard décide, avec les amicaux conseils d’Arnaud Lallement, qui place aux commandes de la cuisine son bras droit, Le chef, de continuer l’aventure de la brasserie de tradition autour des halles du Boulingrin.

ims. Pas une affaire dans le monde du champagne qui ne se traite autour d’une assiette au Boulingrin. On va au Boulingrin entre hommes le matin et le midi et le soir en famille. Des générations d’étudiants finiront aussi, entre ses murs, des soirées souvent très arrosées.

Après une fermeture des halles en 1984 conduisant à une désertification du quartier du Boulingrin, leur classement en 1991 par le ministre de la culture de l’époque, Jack Lang, la municipalité de Mme Adeline Hazan a, enfin, concrétisé le vœux de tous les Rémois. La réouverture en septembre 2012 des halles centrales devenues maintenant pour tout le monde les halles du Boulingrin. Fermée quelques temps pour d’indispensables travaux de modernisation, et oui les normes d’hygiène, de sécurité, et d’accessibilité ont évoluées, la brasserie ouvre pour une nouvelle vie à l’été 2013.

Il était plus que temps de donner à ce restaurant presque centenaire et à son personnel, les moyens de relever les défis du XXI siècle. Malgré les contraintes techniques le nouveau décor s’inscrit fidèlement dans la mouvance Art Déco si présente dans la reconstruction de Reims. De grands artistes de la période Art Déco, René Lalique pour les panneaux de cristal, Petitot pour les lustres, Isidore Odorico pour les mosaïques, inspireront cette renaissance. Le granito d’origine, foulé depuis 89 ans par des consommateurs affamés, lui, demeure. Le mobilier et le décor change, l’esprit des lieux perdure.

Pour rappeler la volonté d’Elie Leleu, 1er exploitant et aussi marquer la renaissance du quartier avec la réouverture des halles du Boulingrin ce sera donc LES HALLES , 1924, en souvenir de Mme Vve Tirmant qui a débuté seule cette aventure en 1924. A n’en point douter pour des générations de rémois on viendra certainement, longtemps encore, se restaurer chez « Leleu » à jamais gravé dans l’inconscient collectif rémois.

Michel GUYOMARD propriétaire des lieux depuis mars 1989.

La carte

Carte élaborée par le Chef de Cuisine


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